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Trouver des clients en illustration : ma méthode en 4 étapes

Vous dessinez depuis des années, votre niveau est là, mais votre comp­teur de con­trats reste à zéro ? Vous rêvez de vivre de vos illus­tra­tions, sans savoir par où com­mencer pour trou­ver des clients ? Vous avez peut-être même déjà envoyé quelques can­di­da­tures, restées sans réponse ?

Bon. Aujourd’hui, je vous partage ma méth­ode pour savoir com­ment trou­ver des clients en illus­tra­tion et décrocher vos pre­miers clients. Que vous cher­chiez à trou­ver des clients en free­lance à plein temps ou sim­ple­ment à ven­dre vos pre­mières illus­tra­tions, la logique reste la même. Elle tient en une seule phrase, que nous allons décom­pos­er ensem­ble en 4 étapes con­crètes. Cet arti­cle est tiré d’un épisode de mon pod­cast : si vous préférez l’écouter, il vous attend là-bas.

« Votre futur client doit voir que vous êtes la per­son­ne idéale pour son pro­jet. »

Notez cette phrase quelque part. Chaque mot compte : votre futur client (étape 1), doit voir (étape 2), la per­son­ne idéale (étape 3), pour son pro­jet (étape 4). En vérité, cette logique fonc­tionne pour presque n’importe quelle activ­ité free­lance, mais ici, on par­le dessin.

Étape 1 : définissez votre futur client

Vous ne pou­vez pas vous adress­er à tout le monde à la fois : aux stu­dios, aux édi­teurs, aux par­ti­c­uliers, aux PME… Plus vous définis­sez pré­cisé­ment à qui vous vous adressez, plus il sera facile de con­va­in­cre. Ven­dre à une cible que vous con­nais­sez très bien sera tou­jours plus sim­ple que d’essayer de ven­dre tout à n’importe qui.

Ce choix est évidem­ment influ­encé par votre style et par vos envies. L’exemple que je donne tout le temps : je suis très nulle pour dessin­er des armes, je n’ai aucune con­nais­sance dans ce domaine. Je n’irais donc jamais pro­pos­er mes illus­tra­tions à ce type de société.

Évaluez le prestige (et donc l’accessibilité) de votre cible

Tous les clients poten­tiels ne se valent pas en ter­mes d’accessibilité. Si vous voulez tra­vailler demain sur le prochain GTA, ou devenir design­er chez Louis Vuit­ton, la con­cur­rence sera énorme : tout le monde rêve de ces noms-là. Être char­ac­ter design­er chez Square Enix sera plus dif­fi­cile que chez un petit stu­dio indépen­dant de 5 per­son­nes. Et un petit édi­teur de livres pour enfants sera plus abor­d­able qu’une grande mai­son d’édition.

Je par­le beau­coup de jeu vidéo parce que c’est l’industrie que je con­nais : j’ai eu un stu­dio de jeux vidéo pen­dant presque 10 ans. Mais le principe reste le même partout. Éval­uer le pres­tige de la société que vous visez, hon­nête­ment, vous per­met d’ajuster vos attentes et d’augmenter votre taux de réus­site.

Étape 2 : rendez-vous visible, là où votre client vous cherche

Votre futur client « doit voir » que vous exis­tez. S’il ne sait pas que vous exis­tez, il ne peut pas vous pro­pos­er un con­trat. C’est aus­si sim­ple que ça.

Atten­tion, la vis­i­bil­ité pour la vis­i­bil­ité ne sert à rien : avoir un gros nom­bre de fol­low­ers ne vous apportera aucun con­trat si la société que vous visez ne fait pas par­tie de ces fol­low­ers. La vraie ques­tion : où est votre client, lui ?

  • Qu’est-ce qu’il con­somme, qu’est-ce qu’il regarde ?
  • Où va-t-il chercher ses illus­tra­teurs : sur Art­Sta­tion, Behance, Insta­gram, LinkedIn, X ?
  • Répond-il aux e‑mails ? Peut-être devriez-vous lui envoy­er directe­ment votre port­fo­lio.
  • Com­ment peut-il tomber sur votre site web, si vous en avez un ?
  • Est-il présent unique­ment en physique ? Dans ce cas, un coup de fil et une demande de ren­dez-vous valent mieux que toute la prospec­tion en ligne du monde.

Allez là où votre client est. Si vous en avez l’énergie, vous pou­vez être un peu partout, mais con­cen­trez vos efforts sur les plate­formes où votre cible cherche réelle­ment ses futurs col­lab­o­ra­teurs. Et si votre cible est plutôt un par­ti­c­uli­er, je vous partage mes con­seils dédiés dans cet arti­cle sur Insta­gram pour illus­tra­teur.

Où trouver des clients concrètement ? Les canaux qui fonctionnent

Il existe mille façons de trou­ver des pro­jets et de prospecter. Pour vous aider dans votre prospec­tion, voici les canaux clas­siques où un illus­tra­teur (ou un graphiste free­lance, la logique est la même) peut attir­er des clients :

  • Les plate­formes de port­fo­lio en ligne : Art­Sta­tion, Behance, Dribb­ble. C’est là que beau­coup de stu­dios et d’agences de com­mu­ni­ca­tion cherchent leurs futurs col­lab­o­ra­teurs, sou­vent en tapant des mots-clés très pré­cis (« monde bon­bon », « style aquarelle »…). D’où l’intérêt d’être spé­cial­isé.
  • Les réseaux soci­aux : Insta­gram pour les par­ti­c­uliers, LinkedIn pour les entre­pris­es (et ses offres de mis­sions). Créer du con­tenu régulière­ment ren­force votre présence en ligne.
  • Le démar­chage direct : con­tac­ter directe­ment un client poten­tiel par e‑mail, avec un mes­sage per­son­nal­isé et un port­fo­lio adap­té à son pro­jet. Un e‑mail générique envoyé à 50 sociétés ne fonc­tionne pas, un mes­sage pen­sé pour une seule société, oui.
  • Votre site web : votre vit­rine, celle que vous con­trôlez entière­ment, con­traire­ment aux plate­formes.
  • Les mar­ket­places et bou­tiques en ligne : Fiverr, Etsy… pour pro­pos­er vos ser­vices ou ven­dre vos illus­tra­tions directe­ment aux par­ti­c­uliers.
  • Le bouche-à-oreille : se faire recom­man­der par ses anciens clients, l’effet boule de neige le plus puis­sant qui existe pour attir­er les clients suiv­ants.
  • Les con­ven­tions et salons : les ren­con­tres physiques, les cartes de vis­ite, le net­work­ing (le réseau­tage, pour par­ler français) et le con­tact humain.
  • Une newslet­ter : pour rester dans la tête de vos prospects sans dépen­dre d’un algo­rithme.

Et si votre port­fo­lio est encore un peu vide, rien ne vous empêche de le rem­plir avec des pro­jets fic­tifs : une fausse cou­ver­ture de livre, un faux char­ac­ter design pour un jeu imag­i­naire… L’important est de mon­tr­er votre tra­vail sous l’angle exact que recherche votre cible, de met­tre en avant les pro­jets qui cor­re­spon­dent à son univers, et de vous démar­quer aux yeux de vos poten­tiels clients.

Étape 3 : devenez la personne idéale (le lien humain)

Être disponible au bon moment est la base : si vous ne pou­vez pas réalis­er le con­trat dans les délais du pro­jet, il vous passera sous le nez. Mais la per­son­ne idéale, c’est surtout une ques­tion de lien humain.

Surtout si votre client est un par­ti­c­uli­er, la valeur humaine est énorme. Vous aurez beau­coup plus de facil­ité à ven­dre une affiche illus­trée en con­ven­tion, en face à face, parce que votre client est con­tent de voir qu’il y a un humain der­rière le dessin, surtout à l’ère des IA.

Cherchez vos points com­muns. Un exem­ple un peu bête : vous dessinez des por­traits de teck­els, et votre client a un teck­el. Voilà, vous avez un lien. Même pays, même ville, mêmes his­toires vécues : le côté com­mu­nau­taire fonc­tionne très bien, parce qu’on a envie de se con­necter aux per­son­nes qui nous ressem­blent. C’est d’ailleurs pour ça que le réseau et le bouche-à-oreille marchent si bien : si vous êtes l’ami d’un ami, on vous fait plus facile­ment con­fi­ance, même si en vérité ça ne garan­tit rien.

À l’époque de mon stu­dio, la plu­part de nos clients étaient des per­son­nes ren­con­trées à un moment ou à un autre. Et cer­tains con­trats se sont signés des années après la ren­con­tre. Ne dés­espérez donc pas si un con­tact ne débouche sur rien tout de suite : rien ne dit que cette per­son­ne ne vous con­tac­tera pas dans un an, deux ans, trois ans, parce que ce sera le bon moment pour son pro­jet.

Et plus vous avez de clients sat­is­faits, plus vous créez un réseau de clients réguliers : au lieu de courir après de nou­veaux clients en per­ma­nence, les clients vien­nent à vous, et cha­cun peut vous amen­er d’autres clients par recom­man­da­tion. C’est le début le plus com­pliqué : vivre du dessin devient de plus en plus facile avec le temps.

Étape 4 : adaptez-vous à son projet

Votre style doit correspondre au projet

Si le pro­jet demande un style enfan­tin au cray­on de couleur et que votre univers est mature et gore, ça ne fonc­tion­nera pas, peu importe votre tal­ent. Votre client poten­tiel doit pou­voir se dire en ouvrant votre port­fo­lio : « c’est exacte­ment cette per­son­ne dont j’ai besoin ».

Le mieux : envoy­er un port­fo­lio déjà fil­tré pour le goût du client. Si vous démarchez un stu­dio de jeux d’horreur, ne met­tez pas de petits bisounours dedans. Ça sem­ble logique, mais on a ten­dance à l’oublier. Moi la pre­mière, j’ai fait cette erreur à mes débuts. Pour aller plus loin, je vous explique com­ment bien présen­ter votre tra­vail.

Budget, niveau et géographie

Côté tar­ifs, quand on com­mence, on a plutôt ten­dance à se sous-ven­dre, donc c’est rarement le prob­lème. Mais si votre devis dépasse le bud­get du client, la solu­tion est rarement de brad­er : adaptez plutôt votre style vers un ren­du plus rapi­de à pro­duire, donc moins cher pour lui, et enchaînez sur un autre pro­jet une fois le pre­mier ter­miné.

Le niveau atten­du dépend du pres­tige du client : plus il est recher­ché, plus la con­cur­rence est élevée. Passé un cer­tain niveau tech­nique, c’est d’ailleurs le style qui départage les can­di­dats, plus que la tech­nique pure. Gardez aus­si un œil sur les ten­dances du marché : les styles recher­chés évolu­ent, et vivre de votre activ­ité créa­tive demande de rester curieux. Enfin, la disponi­bil­ité géo­graphique compte de moins en moins à l’heure du free­lance et du télé­tra­vail, mais cer­tains stu­dios appré­cient encore de vous avoir dans leurs locaux pour suiv­re l’avancement du pro­jet. Et si la négo­ci­a­tion ou le démar­chage vous rebu­tent vrai­ment, sachez qu’il existe des agents d’illustrateurs qui s’en char­gent à votre place, con­tre com­mis­sion : une option à envis­ager plutôt quand votre activ­ité est déjà lancée.

La méthode en résumé

  1. Définis­sez votre futur client : une cible pré­cise, dont vous éval­uez hon­nête­ment le pres­tige et l’accessibilité.
  2. Ren­dez-vous vis­i­ble : allez là où ce client cherche ses illus­tra­teurs, pas là où tout le monde poste.
  3. Créez le lien humain : points com­muns, ren­con­tres, bouche-à-oreille, patience.
  4. Adaptez-vous à son pro­jet : style, port­fo­lio fil­tré, bud­get, disponi­bil­ité.

Adaptez cette stratégie à cha­cun de vos clients idéaux : vous n’allez pas pro­pos­er la même approche à un stu­dio de jeu vidéo et à un par­ti­c­uli­er qui veut le por­trait de son chien. Et si le jeu vidéo vous attire spé­ci­fique­ment, je détaille ce cas dans mon arti­cle sur la car­rière d’illustrateur dans le jeu vidéo.

Vous êtes un peu per­du face à votre pro­pre sit­u­a­tion ?

Un avis extérieur peut déblo­quer beau­coup de choses. Avec mes séances de Coach­ing & Cor­rec­tions, vous pou­vez m’envoyer votre port­fo­lio et je vous donne mon avis en fonc­tion du client que vous visez exacte­ment. On peut même con­cevoir ensem­ble un port­fo­lio spé­ci­fique pour un client spé­ci­fique. Comme dans un marathon, l’important est de regarder droit devant soi, vers son objec­tif : à vous de faire le pre­mier pas. Bon dessin à tous !

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