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grâce à la méthode des 7 visions

Pensez et observez comme un artiste, dessinez comme eux.

Le Syndrome de l’Imposteur en Dessin

Vous trou­vez tou­jours que vous n’êtes pas assez bon dessi­na­teur ? Peut-être êtes-vous atteint du syn­drome de l’imposteur en dessin. Ce sen­ti­ment d’illégitimité et d’incompétence per­ma­nent peut devenir un énorme frein à votre pro­gres­sion dans le dessin. La bonne nou­velle : ce n’est pas une fatal­ité, et j’en par­le en con­nais­sance de cause. Voici com­ment com­bat­tre le syn­drome de l’imposteur.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur en dessin ?

Le syn­drome de l’imposteur en dessin, c’est lorsqu’on a l’impression de ne pas être à sa place. De ne pas mérit­er les com­pli­ments des autres sur nos œuvres.

C’est l’impression que, com­paré aux autres, on ne vaut défini­tive­ment pas grand-chose ! Quoi que l’on puisse nous dire, on se juge tou­jours moins bon dessi­na­teur, tou­jours inférieur aux autres.

Et cela va même jusqu’à avoir peur que les autres se ren­dent compte que l’on est moins com­pé­tent que ce qu’ils pensent.

En réal­ité, il est impor­tant de savoir que le syn­drome de l’imposteur en dessin existe chez des gens de tous les niveaux. Beau­coup d’artistes ont ce sen­ti­ment d’illégitimité.

Cela peut être une bonne chose, car c’est un signe de remise en ques­tion. On est capa­ble d’autocritique sur son tra­vail. Mais cela peut aus­si devenir un énorme frein pour notre pro­gres­sion dans le dessin !

Lais­sez-moi vous pos­er une ques­tion :

Vous pensez-vous inca­pable d’apprendre le dessin ?
Vous avez sûre­ment rai­son.

Cela peut être dur à lire, mais c’est une triste vérité :
Si vous ne vous sen­tez pas capa­ble d’accomplir quelque chose, il y a de fortes chances que vous n’y arriv­iez pas par hasard.

De la même manière, si lorsque vous dessinez, vos pen­sées ressem­blent à
« Je n’y arriverais jamais »
« C’est beau­coup trop moche ! »
« Pourquoi eux y arrivent et pas moi ? »

Alors il y a de fortes chances que vous n’arriviez JAMAIS à attein­dre vos objec­tifs en dessin.

Et vous n’êtes pas seul, car mes élèves ren­con­trent très sou­vent ce prob­lème à n’im­porte quel stade de leur appren­tis­sage. La preuve avec un de mes élèves qui n’o­sait pas envoy­er son port­fo­lio à des stu­dios alors que son niveau était très bon !

Pourquoi ?

Parce que nos pen­sées dictent nos com­porte­ments.

Si toute votre vie vous croyez (« croire » et non « être ») que vous êtes nul en dessin, com­ment voulez-vous devenir bon dans cette activ­ité ?

La vérité, c’est que nos pen­sées influ­en­cent nos émo­tions, et nos croy­ances influ­en­cent nos com­porte­ments.
Cela pour­rait ressem­bler à ça.

Met­tez-vous en tête que vous êtes quelqu’un qui prend soin de sa san­té, et vous aurez du mal à manger du Mac­do tous les jours.

C’est la même chose en dessin.

Autrement dit : con­sid­érez-vous comme un dessi­na­teur !

J’en par­le plus en détail dans le pod­cast suiv­ant sur la «petite voix» :

Mon arrêt de 4 ans face à Allfanart

Je vous par­le de tout ça parce que je l’ai vécu, et forte­ment. Quand j’avais une ving­taine d’années, j’ai décou­vert un forum qui s’appelait All­fa­nart, une com­mu­nauté de dessi­na­teurs ama­teurs qui partageaient leurs travaux. Et là, le choc.

Je voy­ais défil­er les dessins de per­son­nes de mon âge, par­fois plus jeunes que moi d’un ou deux ans, qui dessi­naient beau­coup, beau­coup mieux que moi. La com­para­i­son m’a telle­ment écrasée que j’ai arrêté de dessin­er. Pas une déci­sion con­sciente d’arrêter : juste une pres­sion intérieure qui rendait chaque ouver­ture de car­net douloureuse. J’ai mis qua­tre ans à repren­dre.

Si vous vivez quelque chose de sim­i­laire en ce moment, sachez que ça n’a rien d’une fatal­ité. Ce qui m’a sauvée n’est pas d’avoir « rat­trapé mon niveau » : c’est d’avoir com­pris ce que ce syn­drome était vrai­ment, et com­ment le désamorcer.

Mais comment faire pour casser ce cycle vicieux qui ne fait que vous bloquer ?

Agissez sur vos pensées :

Vous n’êtes pas nul, vous apprenez.
Acceptez vos capac­ités. C’est nor­mal de ne pas tout de suite être bon en dessin ! N’ou­bliez pas que chaque dessin crée n’est qu’une marche de plus vous per­me­t­tant de vous rap­procher de vos objec­tifs dessin !

→ À chaque nou­velle pen­sée néga­tive, ajoutez «mais chaque nou­veau dessin me rap­proche de mon objec­tif».

Agissez sur vos croyances : 

Nos croy­ances sont le résul­tats de plusieurs hypothès­es don­nant un même résul­tat. 
En clair, si vous com­parez con­stam­ment vos dessin à des dessi­na­teurs pro qui font ça depuis 30 ans min­i­mum, vous en con­clurez que vous êtes nul.
Mais vous com­parez l’in­com­pa­ra­ble.
Ne vous com­parez JAMAIS à un autre dessi­na­teur.

→ À la place, com­parez votre dessin à un de vos précé­dents dessin. Retenez ce que vous avez mieux réus­sis, et oubliez le reste !

Agissez sur vos comportements :

Vous com­portez-vous comme un dessi­na­teur ? 
À par­tir de main­tenant, con­sid­érez que vous êtes un étu­di­ant en dessin. Qu’im­porte votre expéri­ence ou votre âge. Nous con­tin­uons tou­jours d’ap­pren­dre alors restez «ouvert». 

→ Observez et met­tez en place un envi­ron­nement qui vous per­me­t­tra de pro­gress­er : lancez-vous dans un nou­veau pro­jet, rejoignez un cours de dessin en ligne, testez un nou­veau feu­tre, com­mencez une nou­velle illus­tra­tion.

En vérité, si cette petite voix est présente, c’est parce que vous avez ten­dance à vous com­par­er aux autres.

La com­para­i­son (ou cri­tique) avec d’autres artistes, llus­tra­teurs, ani­ma­teurs, pein­tres, dessi­na­teurs est mal­heureuse­ment inévitable. Il peut-être un véri­ta­ble d’outil de crois­sance, comme une malé­dic­tion qui vous empêche petit à petit de dessin­er. Pourquoi nous com­parons-nous à d’autres artistes ? Qu’est-ce qui fait une bonne com­para­i­son d’une mau­vaise ? Et com­ment s’in­spir­er sans se com­par­er à d’autres artistes ?

La com­para­i­son en dessin est un sujet qui touche tous les artistes, qu’ils soient débu­tants ou pro­fes­sion­nels. Si vous vous êtes déjà sen­ti découragé en com­para­nt votre tra­vail à celui d’autres artistes, cet arti­cle est pour vous. Nous allons explor­er les raisons pour lesquelles cette com­para­i­son peut être néfaste et com­ment y remédi­er.

Pourquoi la comparaison en dessin est-elle si courante ?

Une comparaison facile

Le dessin, étant un médi­um visuel, se prête facile­ment à la com­para­i­son. Con­traire­ment à la musique ou à la lit­téra­ture, où la com­para­i­son néces­site une cer­taine réflex­ion, deux dessins peu­vent être com­parés côte à côte en un instant. Comme je l’ai men­tion­né dans mon pod­cast :

«Si vous essayez de com­par­er deux chan­sons entre elles, vous allez com­par­er deux sou­venirs que vous avez de cette chan­son. Alors que si vous com­parez deux pein­tures de l’il­lus­tra­tion, vous pou­vez avoir une com­para­i­son en face de vous au même moment.»

Différence entre ce que vous imaginez et ce que vous dessinez

Sou­vent, vous avez un objec­tif ou une vision en tête lorsque vous dessinez. Lorsque le résul­tat final ne cor­re­spond pas à cette vision, la décep­tion peut vous pouss­er à vous com­par­er aux autres.

«Évidem­ment, vous avez telle­ment une imag­i­na­tion qui est floris­sante que quand vous la regardez sur votre feu, une fois qu’elle est faite, elle ne cor­re­spond pas du tout à ce que vous avez en tête. Par con­séquent, on est tou­jours déçu.»

On ne se compare jamais à plus faible

Nous avons ten­dance à nous com­par­er à ceux que nous con­sid­érons meilleurs que nous, que ce soit en ter­mes de tech­nique, de style ou même de pop­u­lar­ité sur les réseaux soci­aux.

«On com­pare tou­jours à une illus­tra­tion qu’on con­sid­ère être meilleure que notre illus­tra­tion, ou notre style, ou notre tech­nique, ou notre niveau, etc.»

La quête de validation

Cette ten­dance peut être motivée par un besoin de val­i­da­tion ou par la com­péti­tiv­ité inhérente au monde de l’art.

«Les pouces, likes et abon­nés, à mon sens, ce n’est que de l’é­goométrie». En clair, ces chiffres ne flat­tent que votre égo. Si un artiste a beau­coup d’abon­nés sur insta­gram, peut-être que vous con­sid­érez que cette per­son­ne a un niveau supérieur à vous.

L’analogie de l’anorexie : pourquoi vous ne vous voyez pas tel que vous êtes

Pour com­pren­dre ce qui se passe dans votre tête face à un dessin que vous trou­vez « nul », il faut inté­gr­er que le syn­drome de l’imposteur n’a aucun rap­port avec votre niveau réel. C’est une vision altérée de votre réal­ité.

L’analogie que j’utilise, et qui est forte, c’est celle des per­son­nes anorex­iques. Une per­son­ne en sous-poids extrême, dont on voit les côtes et les clav­icules sail­lantes, se regarde dans le miroir et se voit grosse. C’est une mal­adie, et c’est pré­cisé­ment ce qui en fait une mal­adie : le cerveau ne reflète pas ce que l’œil capte. Le regard sur soi est défor­mé.

Le syn­drome de l’imposteur fonc­tionne sur le même principe, en moins grave mais avec la même mécanique : on a beau accu­muler les com­pli­ments, les com­man­des, les pro­grès objec­tifs, on con­tin­ue à se voir comme un débu­tant qui s’est égaré. Le prob­lème n’est pas votre dessin. Le prob­lème est le fil­tre que vous posez dessus.

Et c’est une excel­lente nou­velle. Parce que si le prob­lème vient de votre regard, ça veut dire que vous êtes la seule per­son­ne qui puisse le régler. Aucun nou­veau cray­on, aucune nou­velle for­ma­tion, aucun nou­veau style ne fera dis­paraître ce fil­tre à votre place. C’est un tra­vail intérieur, décor­rélé du dessin lui-même.

Les effets néfastes de la comparaison

Réduction de la créativité

La com­para­i­son en dessin peut entraîn­er une anx­iété qui inhibe votre créa­tiv­ité.

«J’ai plus l’im­pres­sion que ça crée une espèce d’anx­iété en nous et cette anx­iété, la ten­dance à réduire notre créa­tiv­ité.»

Au lieu de vous con­cen­tr­er sur votre pro­pre crois­sance, vous vous préoc­cu­pez de la manière dont vous vous mesurez aux autres.

Jugement émotionnel

La com­para­i­son peut sou­vent être basée sur des juge­ments émo­tion­nels plutôt que sur des critères objec­tifs. Par exem­ple, vous pour­riez vous dire que vous êtes «trop vieux» pour réus­sir, ce qui n’est pas une base solide pour une com­para­i­son con­struc­tive.

«Là, évidem­ment que ce n’est pas une bonne com­para­i­son, vous jugez quelque chose qui n’est pas… c’est plutôt du juge­ment émo­tion­nel si vous voulez.»

Comment arrêter de se comparer ?

Comparez-vous à vous-même

Le pre­mier con­seil est de vous com­par­er à vos pro­pres œuvres antérieures.

«Com­parez votre dessin à votre dessin précé­dent, alors votre dessin précé­dent du même style évidem­ment, ne com­parez pas un dessin gamme, une étude, un dessin de ges­ture ou quelque chose que vous avez fait pour de l’anatomie à une illus­tra­tion que vous avez ter­minée ou vous avez passé des dizaines et dizaines d’heures évidem­ment.»

Si votre dernier dessin avait des prob­lèmes avec la ges­tion des ombres, mais que le dessin actuel mon­tre une amélio­ra­tion dans ce domaine, c’est une vic­toire ! Vous pou­vez même pren­dre des pho­tos de vos œuvres à dif­férents stades pour mieux visu­alis­er votre pro­gres­sion.

Chaque dessin sert le suivant

Con­sid­érez chaque dessin comme une étape vers l’amélio­ra­tion.

«Si vous n’aviez pas raté la per­spec­tive de votre précé­dent dessin, peut-être que la per­spec­tive de votre dessin actuel ne serait pas aus­si bonne. Ça vous a per­mis de voir que vous aviez des lacunes en per­spec­tive, vous l’avez tra­vail­lé, du coup, votre nou­velle illus­tra­tion est encore mieux.»

Sup­posons que vous ayez du mal avec les pro­por­tions dans vos dessins de per­son­nages. Chaque dessin où les pro­por­tions sont un peu «hors» est une occa­sion d’ap­pren­dre et de s’amélior­er pour le prochain.

Réduisez l’exposition aux autres œuvres

Si la com­para­i­son en dessin vous affecte néga­tive­ment, il peut être utile de réduire le temps passé à regarder les œuvres des autres.

«J’au­rais plutôt ten­dance à vous con­seiller d’avoir des cycles ‘inspi­ra­tion / créa­tion’. Donc un coup vous allez plutôt être dans une appro­pri­a­tion, donc vous allez regarder beau­coup d’il­lus­tra­tions, vous inspir­er, regarder ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas, faire des analy­ses d’il­lus­tra­tion peut-être. Et la semaine d’après, vous allez com­plète­ment arrêter de regarder ces illus­tra­tions et vous allez être plutôt dans la créa­tion.»

Si vous êtes sur Insta­gram, vous pou­vez créer des col­lec­tions séparées pour les œuvres qui vous inspirent. Con­sul­tez ces col­lec­tions unique­ment lorsque vous êtes dans votre phase «d’in­spi­ra­tion» et évitez-les pen­dant votre phase «de créa­tion».

Écoutez la bonne voix

La cri­tique intérieure que vous enten­dez n’est pas tou­jours la vôtre.

«Com­prenez que cette cri­tique que vous vous enten­dez dans votre tête, la voix qui par­le en vous n’est pas la vôtre. Imag­inez que c’est une per­son­ne à l’ex­térieur de vous. Sou­vent, ça a été un pro­fesseur, ça a été un par­ent, ça a été un ami.»

La prochaine fois que vous enten­dez cette voix cri­tique, prenez un moment pour vous deman­der d’où elle vient. Est-ce vrai­ment votre pro­pre voix, ou est-ce l’é­cho de quelque chose qu’un pro­fesseur, un par­ent ou un «ami» vous a dit dans le passé ? Si

c’est le cas, il est temps de réé­val­uer cette voix et de vous con­cen­tr­er sur ce qui vous aidera à grandir en tant qu’artiste.

La com­para­i­son en dessin est un phénomène uni­versel qui peut avoir des effets dévas­ta­teurs sur votre créa­tiv­ité et votre bien-être émo­tion­nel. Cepen­dant, en prenant des mesures con­scientes pour vous com­par­er de manière con­struc­tive, en réduisant votre expo­si­tion aux œuvres qui déclenchent ces sen­ti­ments et en écoutant la «bonne» voix intérieure, vous pou­vez trans­former cette ten­dance naturelle en une force qui vous propulse vers de nou­veaux som­mets créat­ifs.

«La com­para­i­son peut être le voleur de la joie, mais elle peut aus­si être le catal­y­seur de la crois­sance. Tout dépend de la manière dont vous l’abor­dez.»

Alors la prochaine fois que vous vous retrou­vez à gliss­er dans la spi­rale de la com­para­i­son, rap­pelez-vous que chaque artiste est à un stade dif­férent de son voy­age. Votre seul véri­ta­ble con­cur­rent, c’est vous-même. Et chaque dessin, chaque échec, chaque suc­cès, est une étape sur le chemin de votre pro­pre maîtrise artis­tique.

J’e­spère que cet arti­cle vous a apporté des per­spec­tives et des out­ils pour mieux gér­er la com­para­i­son en dessin. Si vous avez des ques­tions ou des com­men­taires, n’hésitez pas à les partager ci-dessous. Bon dessin à tous !

Les risques de ce sentiment d’illégitimité dans le dessin

Le manque d’estime de soi et de son tra­vail peut même pouss­er à arrêter de dessin­er. On se dit : « À quoi bon ? De toute façon je ne pour­rai jamais pro­gress­er. » On perd toute sa moti­va­tion.

À cause du syn­drome de l’imposteur en dessin, on ne des­sine plus par peur du résul­tat. Et c’est un cer­cle vicieux car, moins on des­sine, moins on s’améliore !

Le sen­ti­ment d’illégitimité peut aus­si empêch­er de deman­der de l’argent pour ses dessins. On juge que ce que l’on fait n’a pas de valeur, donc pourquoi ferait-on pay­er ?

Et si l’on ne se fait par pay­er, cela nous empêche donc de devenir pro­fes­sion­nel. Sans compter que les « vrais » pro­fes­sion­nels ris­queraient de juger que l’on n’a pas notre place par­mi eux !

On se dit qu’on devien­dra pro le jour où on se sen­ti­ra « assez bon ». Mais le prob­lème est que sou­vent, on ne se jugera jamais assez bon…

Le syn­drome de l’imposteur en dessin est ce qu’on appelle en psy­cholo­gie une « croy­ance lim­i­tante ». C’est un obsta­cle que l’on se met à nous-mêmes et qui nous retient d’avancer. Or, si l’on veut vrai­ment pro­gress­er un jour, il va bien fal­loir s’en débar­rass­er !

La différence entre le niveau réel et l’estime de soi du dessinateur

La pre­mière chose qu’il faut com­pren­dre, c’est que le syn­drome de l’imposteur en dessin n’a rien à voir avec le niveau réel du dessi­na­teur.

Quelles que soient nos capac­ités, on se com­pare tou­jours à plus fort que soi, en oubliant totale­ment ceux qui sont der­rière nous.

Pourquoi ne pas se com­par­er à soit-même ? C’est le cas avec ce avant/après de Nathalie, élève de la for­ma­tion pour appren­dre le dessin d’ob­ser­va­tion.

C’est une vision altérée de la réal­ité. On manque de recul. On ne se rend pas compte que le prob­lème est dans notre tête, et pas dans nos com­pé­tences ou notre absence de com­pé­tence !

Si l’on veut par­venir à con­tin­uer son chemin et à dessin­er mieux, il faut absol­u­ment faire ce tra­vail sur soi pour se débar­rass­er de son sen­ti­ment d’illégitimité. Tant que l’on se com­par­era à plus fort que soi, la pro­gres­sion objec­tive n’y chang­era rien.

Combattre l’impression d’incompétence pour mieux dessiner

Si vous pensez être con­cernés par ce manque d’estime de vous, voici trois pistes pour vous aider à com­bat­tre le syn­drome de l’imposteur en dessin.

Vous êtes toujours le maître de quelqu’un et l’élève d’un autre

Voilà une phrase qui m’a per­son­nelle­ment libérée. Vous êtes tou­jours le maître de quelqu’un et l’élève d’un autre. Vous ne voyez que ceux qui dessi­nent mieux que vous parce que c’est sur eux que votre regard se braque, mais der­rière vous il y a des cen­taines de per­son­nes qui débu­tent et qui rêveraient d’avoir votre niveau actuel.

Les artistes que vous admirez ressen­tent exacte­ment la même chose face à leurs pro­pres maîtres. La hiérar­chie ne s’arrête jamais en haut. Acceptez que votre posi­tion dans cette chaîne est mobile, qu’elle évolue avec chaque heure de pra­tique, et que la com­par­er à celle d’un autre n’a aucun sens. Per­son­ne n’est exacte­ment au même endroit du chemin que vous.

Le dessin est un chemin

Il faut par­venir à com­pren­dre que le dessin est un chemin et non pas un objec­tif. Il n’y a pas de bou­ton « on/off » ou « bon/pas bon ».

Il y a en revanche des choses que l’on maîtrise plus que d’autres. Comme si on avait un pour­cent­age de  maîtrise pour chaque domaine ou sujet.

La ligne d’arrivée n’existe pas en dessin. On pour­ra tou­jours pro­gress­er sur dif­férents aspects.

Arrêter d’être dur avec soi

Lorsqu’on se com­pare aux autres, c’est tou­jours aux plus forts, et c’est une source de souf­france.

Il faut bien com­pren­dre que cha­cun est unique, avec sa per­son­nal­ité et ses points forts. On ne peut pas se com­par­er à quelqu’un qui ne pense pas les mêmes choses et s’intéresse à d’autres aspects du dessin.

Il y a telle­ment de paramètres à pren­dre en compte : trait, couleur, com­po­si­tion, ombres et lumière… On peut très bien en maîtris­er cer­tains et tou­jours avoir besoin d’en tra­vailler d’autres ;)

Faire confiance au processus

Rap­pelez-vous tou­jours qu’on ne naît pas tal­entueux. C’est unique­ment par la pra­tique que l’on s’améliore.

Plus je pra­tique, mieux je des­sine. Ce n’est que le temps qui me sépare d’un « bon niveau en dessin ».

Comme dans un marathon, il faut regarder droit devant soi, vers son objec­tif, et non pas au niveau de ses jambes. Pro­gress­er en dessin, on le fait heure après heure de dessin. Il faut savoir tenir sur la dis­tance.

Ce sen­ti­ment d’il­légitim­ité est habituelle­ment crée par un manque de recon­nais­sance de nos pairs (c’est à dire, d’autres dessi­na­teurs).
Et c’est d’ailleurs pour cette rai­son que nous sommes tous obsédés par le nom­bre de likes et com­men­taires sur nos dessins !

L’addic­tion aux likes en dessin est un phénomène de plus en plus impor­tant que j’ai pu observ­er sur les réseaux soci­aux. Des com­mu­nautés de dessi­na­teurs et notam­ment des groupes Face­book sont par­fois exclu­sive­ment fondés sur la recherche d’approbation de leurs mem­bres. Cela peut en effet aider à gag­n­er en con­fi­ance et en estime de soi… Mais nous allons voir que cela peut aus­si être un frein à notre pro­gres­sion dans le dessin !

La recherche d’approbation en tant que dessinateur

Sur les réseaux soci­aux, et plus par­ti­c­ulière­ment sur Face­book, de nom­breux dessi­na­teurs pos­tent leurs dessins dans l’attente de recevoir des likes. Et cela sem­ble très impor­tant pour eux !

Pourquoi chercher des likes sur les réseaux sociaux

Lorsque l’on cherche à recevoir des likes sur nos dessins, nous voulons en réal­ité 3 choses :

  • L’approbation de notre tra­vai
  • La recon­nais­sance de notre statut d’artiste
  • L’appartenance à une com­mu­nauté

Et c’est un com­porte­ment par­faite­ment nor­mal ! Cha­cun a besoin de se sen­tir val­orisé et appré­cié.

Renforcer l’estime de soi et la motivation

Rechercher l’estime et la recon­nais­sance des autres est loin d’être un mal. La quête de retours posi­tifs est même plutôt bon pour notre moti­va­tion et nous pousse à con­tin­uer de dessin­er.

On se met une sorte de pres­sion pos­i­tive vis-à-vis de la com­mu­nauté qui nous suit. On ne veut pas les décevoir en arrê­tant.

De plus, on peut aus­si se lancer des défis qui nous font pro­gress­er, comme le défi Ink­to­ber au mois d’octobre. Cette méth­ode m’a moi-même aidée à lancer ce blog :)

Le problème de l’addiction aux likes en dessin

Mais à force de rechercher cette forme d’approbation, on peut rapi­de­ment dévelop­per une cer­taine addic­tion aux likes en dessin !

Pourquoi parler d’addiction aux likes

Si je choi­sis le terme d’« addic­tion », c’est parce que les likes peu­vent devenir notre seule rai­son de con­tin­uer à dessin­er. Un jour, si l’on ne reçoit pas de like, on peut subite­ment cess­er d’ouvrir notre car­net de cro­quis.

Notre dessin ne sus­cite aucune réac­tion. On se dit qu’on a fait du mau­vais tra­vail. On perd en con­fi­ance en soi et on se dit qu’on ne pro­gressera plus.

L’addiction aux likes en dessin peut entraîn­er une forte démo­ti­va­tion.

Se recentrer sur l’essentiel pour progresser en dessin

En dessin comme ailleurs, il est impor­tant de ne pas dépen­dre du regard des autres. Atten­dre la recon­nais­sance pour con­tin­uer à dessin­er, c’est une quête sans fin ! Il n’y a plus de véri­ta­ble « tra­vail » de notre tech­nique, seule­ment l’en­vie de tou­jours faire mieux.

Il faut tou­jours se sou­venir que l’on fait cela par pas­sion. C’est parce qu’on aime dessin­er que l’on des­sine, et non pas pour briller aux yeux des autres.

La préférence pour des avis constructifs sur ses dessins

Mais je le répète : la recherche d’approbation est pour­tant nor­male et très moti­vante. Il faut donc savoir trans­former notre addic­tion aux likes en dessin en quelque chose d’autre…

Un like n’apporte rien de concret

D’abord, il faut com­pren­dre qu’un like, ça n’apporte rien de con­cret. Rien qui nous fasse avancer réelle­ment.

Par exem­ple, si vous dessinez un per­son­nage de série, il se peut très bien que les per­son­nes qui likent aiment en réal­ité la série, et non votre dessin. Peut-être que les per­son­nes qui likent le font pour vous faire plaisir, parce qu’elles vous aiment bien et qu’elles cherchent à vous encour­ager.

Un like, en soi, n’a pas vrai­ment de valeur.

Préférer la recherche de commentaires constructifs

Les com­men­taires, en revanche, sont beau­coup plus intéres­sants… Enfin, les com­men­taires con­struc­tifs et, de préférence, de la part d’autres dessi­na­teurs !

Cela peut être des com­men­taires posi­tifs, comme : « J’aime beau­coup ton traite­ment de la couleur. » Ils vous aident à définir vos points forts pour mieux les utilis­er.

Cela peut aus­si être des com­men­taires plus cri­tiques, comme : « Je crois qu’il y a un prob­lème de per­spec­tive dans ton dessin… » Ils peu­vent alors vous per­me­t­tre de tra­vailler vos points faibles et de pro­duire un dessin final de meilleure qual­ité.

Il est en fait très intéres­sant de poster des dessins en cours. On les adapte au fur et à mesure des con­seils et des remar­ques que l’on reçoit et on pro­gresse sans s’en ren­dre compte !

L’intégration d’une communauté de dessinateurs

Sur Inter­net, il existe de très nom­breuses com­mu­nautés de dessin.

Afin de recevoir tous les bien­faits du regard des autres, vous pou­vez par exem­ple choisir un site de dessin spé­cial­isé, comme DeviantArt. Même si ce site est aujourd’hui un peu désert, il reste un excel­lent moyen de s’entourer de quelques dessi­na­teurs qui vous aideront à pro­gress­er en dessin.

Il existe égale­ment de très nom­breuses com­mu­nautés pour vous pouss­er à dessin­er tous les jours. Pour recevoir des avis con­struc­tifs qui vous aideront vrai­ment, préférez les groupes les plus act­ifs aux plus gros !

J’en prof­ite d’ailleurs pour vous inviter à rejoin­dre le Dis­cord du Car­net Dig­i­tal, que j’ai juste­ment créé dans cette optique d’entraide et de pro­gres­sion com­mune. L’addiction aux likes en dessin peut tou­jours être trans­for­mée en quelque chose de posi­tif !

Et si vous ne savez pas par où com­mencer pour repren­dre con­fi­ance ?

Je vous offre mon ate­lier gra­tu­it Oeil d’artiste en 1 heure. C’est une méth­ode con­crète pour déblo­quer votre regard et retrou­ver le plaisir de dessin­er, même si vous n’avez pas ouvert votre car­net depuis longtemps. Le syn­drome de l’imposteur s’atténue d’abord par la pra­tique : autant repar­tir sur de bonnes bases.

Et si vous recevez des critiques ?

En con­clu­sion, retenez l’image du marathonien : il regarde la ligne d’arrivée qu’il s’est fixée, pas le coureur à côté de lui. Le seul objec­tif qui compte est de se dépass­er soi-même, foulée après foulée, dessin après dessin. Devenir meilleur en dessin, c’est une course con­tre soi.

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« Pour pro­gress­er, il faut dessin­er tous les jours. » Vous avez sans doute déjà tous enten­du ce con­seil ! Et je ne vais pas le démen­tir : pour appren­dre à dessin­er et pro­gress­er de façon sat­is­faisante, la régu­lar­ité est effec­tive­ment essen­tielle. Oui, mais voilà : Pas tou­jours sim­ple de trou­ver le temps, la moti­va­tion ou l’occasion de faire un dessin par jour. Si vous ne par­venez pas à vous lancer dans un cro­quis quo­ti­di­en ou à vous tenir à un chal­lenge dessin, cet arti­cle est fait pour vous ! Voici mes con­seils red­outable­ment effi­caces pour con­serv­er l’habitude de dessin­er chaque jour.

7 Conseils pour un futur étudiant en école d’art

Cela fait main­tenant plus de 5 ans que j’a quit­té les bancs de l’école. Et après 7 ans en école d’art (lycée + école spé­cial­isée) je pense que j’ai assez de recul main­tenant pour vous don­ner quelques con­seils que j’aurais aimé recevoir à mon entrée.

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Une réponse
  1. Une des prin­ci­pales sources du doute qui hante les artistes vient du fait qu’ils ne sont générale­ment pas capa­bles de répon­dre à la ques­tion pour­tant sim­ple : QU’EST-CE QUE L’ART ET À QUOI ÇA SERT DANS LA VIE ? Pour ne réponse, lisez « L’art est un média de masse » de Claude Philippe Nolin.