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grâce à la méthode des 7 visions

Pensez et observez comme un artiste, dessinez comme eux.

Dessiner grâce au cerveau droit grâce à Betty Edwards

Vous avez peut-être déjà enten­du par­ler du livre «Dessin­er grâce au cerveau droit» de Bet­ty Edwards. Tout le monde en par­le, il revient régulière­ment dans les listes des meilleurs livres pour appren­dre à dessin­er, et un proche vous l’a peut-être même con­seil­lé. Mais con­crète­ment, vous ne voyez pas exacte­ment de quoi il s’ag­it, ni en quoi cette his­toire de cerveau droit pour­rait vrai­ment vous aider à déblo­quer votre dessin.

Et pour­tant, si vous êtes du genre à vous dire «je ne suis pas doué pour dessin­er», à ne pas oser sor­tir votre car­net en pub­lic, ou à enten­dre une petite voix qui souf­fle «ça ne ressem­ble à rien» dès les pre­miers traits, alors la méth­ode de Bet­ty Edwards est faite pour vous. Parce qu’elle vous fait com­pren­dre que le prob­lème n’est pas votre tal­ent : c’est votre manière de regarder.

Pour com­pren­dre, je vais vous racon­ter le coach­ing que j’ai fait avec Gaëlle, design­er tex­tile de 48 ans per­suadée d’être «trop vieille» et «pas douée». Vous allez voir com­ment la méth­ode de Bet­ty Edwards rejoint la méth­ode des 7 visions que j’en­seigne dans mes for­ma­tions, et surtout ce que ça change vrai­ment quand on s’y met.

Dessiner avec le cerveau droit : le livre de référence de Betty Edwards

Couverture du livre Dessiner grâce au cerveau droit de Betty Edwards, édition Mardaga

«Dessin­er grâce au cerveau droit» (titre orig­i­nal : Draw­ing on the Right Side of the Brain) est un livre de référence écrit par Bet­ty Edwards, pro­fesseure d’art améri­caine. Pub­lié pour la pre­mière fois en 1979, traduit en 17 langues et édité en français chez Marda­ga, il est devenu un incon­tourn­able pour quiconque veut vrai­ment appren­dre à dessin­er. Sa thèse est sim­ple : si vous n’ar­rivez pas à dessin­er ce que vous voyez, ce n’est pas un prob­lème de main, c’est un prob­lème de cerveau.

Cerveau gauche vs cerveau droit : ce qui se joue quand vous dessinez

L’idée s’ap­puie sur la dis­tinc­tion entre les deux hémis­phères du cerveau (un peu sim­pli­fiée, mais ça marche très bien pour appren­dre). Le cerveau gauche, c’est le mode «con­nais­sance» : il nomme, il classe. Quand vous dessinez un œil, il vous souf­fle «un œil, c’est un trait vers le haut, un trait vers le bas, un cer­cle, un rond à l’in­térieur». Vous dessinez alors le sym­bole de l’œil. Pas l’œil que vous avez sous les yeux.

Le cerveau droit, lui, observe sans nom­mer. Il voit la forme exacte, les pro­por­tions réelles, la cour­bu­re par­ti­c­ulière de cette paupière-ci, sur ce vis­age-ci. C’est ce mode-là que Bet­ty Edwards apprend à activ­er, à tra­vers une série d’ex­er­ci­ces con­crets : dessin inver­sé, dessin en aveu­gle, obser­va­tion d’e­spaces négat­ifs.

Si vous voulez vous pro­cur­er le livre pour faire les exer­ci­ces vous-même, vous pou­vez le trou­ver ici : Dessin­er grâce au cerveau droit, de Bet­ty Edwards (lien affil­ié Ama­zon : si vous achetez via ce lien, je touche une petite com­mis­sion qui aide à faire vivre ce blog, sans sur­coût pour vous).

Le principe : observer ce qui est, pas ce que vous pensez voir

Vision du contour appliquée à un visage : observer la forme réelle plutôt que le symbole mental

C’est ce que j’en­seigne dans mes for­ma­tions, avec un autre vocab­u­laire. Là où Bet­ty Edwards par­le d’ac­tiv­er le cerveau droit, moi je vous par­le de «visions» : des manières d’ob­serv­er un sujet (les con­tours, les pro­por­tions, le vol­ume, la per­spec­tive, l’om­brage, la couleur). Le résul­tat est le même : on apprend à savoir dessin­er ce qui est sous nos yeux, pas ce que notre tête imag­ine.

Pourquoi vous pensez «ne pas être doué» pour apprendre à dessiner (et pourquoi c’est une croyance)

Quand Gaëlle est arrivée en coach­ing, sa pre­mière phrase a été : «Je ne suis pas douée en dessin, et j’ai 48 ans, donc bon, je suis déjà un peu vieille.» Pour­tant, en regar­dant ses dessins du jour 1 et du jour 30 du chal­lenge, la pro­gres­sion était spec­tac­u­laire. Le prob­lème de Gaëlle n’é­tait pas son niveau. C’é­tait sa croy­ance.

Vos pensées ne sont pas vous

Vos pen­sées ne sont pas vous. Ce n’est pas parce que vous pensez «je suis nul» que vous l’êtes. C’est une pen­sée qui passe. Le souci, c’est que tant que vous lui obéis­sez, elle bloque votre main. À force de répéter «je n’y arrive pas», vous installez le cir­cuit dans votre cerveau, et ça devient une prophétie auto-réal­isatrice.

Cette mécanique men­tale est très proche du per­fec­tion­nisme qui vous fait pro­cras­tin­er. J’en par­le longue­ment dans mon arti­cle sur le per­fec­tion­nisme en dessin et 7 astuces pour arrêter de pro­cras­tin­er.

Retrouver l’état d’esprit de l’enfant qui dessine sans se juger

Un enfant qui joue aux Lego ne se dit jamais «ah non, le petit Benoît à la can­tine joue vache­ment mieux que moi». Il joue. Point. Il prof­ite du moment, sans juger ce qu’il pro­duit. Nous adultes, on a été élevés dans une société où il faut pro­duire, être bon, se com­par­er. Et c’est ça qui tue le geste créatif. Pour réap­pren­dre à dessin­er, vous devez d’abord pren­dre con­fi­ance en dés­ap­prenant le juge­ment per­ma­nent que vous portez sur vous.

4 leviers concrets pour activer votre cerveau droit en dessin

Avant et après 30 exercices : progression visible en dessin grâce à la pratique régulière

Au-delà des exer­ci­ces pro­posés dans le livre d’ex­er­ci­ces de Bet­ty Edwards, voici qua­tre leviers que vous pou­vez appli­quer dès aujour­d’hui pour entr­er dans le bon mode d’ob­ser­va­tion et faire décoller votre appren­tis­sage du dessin.

1. Choisir un médium qui force la bonne vision

Le médi­um que vous tenez dans la main influ­ence directe­ment la manière dont vous regardez votre sujet. Un sty­lo bille, par exem­ple, vous pousse naturelle­ment vers la vision des con­tours : vous tracez des lignes nettes, vous délim­itez. À l’in­verse, un fusain ou un cray­on graphite ten­dre vous invite à tra­vailler les valeurs, les ombres, les vol­umes. Si vous blo­quez sur un type d’ob­ser­va­tion, changez d’outil. C’est sou­vent suff­isant pour déblo­quer la vision endormie.

2. Apprivoiser les contours avant les volumes

La plu­part des débu­tants utilisent spon­tané­ment la vision des con­tours : c’est notre mode par défaut. Le souci, c’est qu’à force, ce mus­cle prend toute la place et étouffe les autres. Pour Gaëlle, c’é­tait le cas typ­ique : elle dessi­nait très bien les con­tours mais blo­quait sur la per­spec­tive, parce que sa vision du vol­ume n’avait jamais été entraînée. Le bon réflexe, ce n’est pas d’éviter les con­tours : c’est de les maîtris­er, puis de bas­culer volon­taire­ment vers une autre vision (pro­por­tions, vol­umes, valeurs) en se forçant à étein­dre la pre­mière.

3. Dessiner d’après photo, ce n’est pas tricher

Beau­coup de gens, surtout ceux qui ont fait les beaux-arts, ont enten­du que «dessin­er d’après pho­to, ce n’est pas du vrai dessin». C’est faux. Appren­dre à dessin­er d’après pho­to marche aus­si bien, voire mieux, parce que vous avez accès à une infinité de sujets sans dépen­dre d’un mod­èle vivant. La pho­to a un cadrage déjà défi­ni, ce qui sim­pli­fie la mise en page. Le dessin d’ob­ser­va­tion d’après nature reste un exer­ci­ce de référence, oui. Mais ne vous inter­dis­ez pas la pra­tique du dessin parce que vous n’avez pas de mod­èle vivant sous la main.

4. Passer à l’action : votre cerveau comprend les gestes, pas les intentions

Votre cerveau ne sait pas lire vos inten­tions. Vous pou­vez pass­er des heures sur Pin­ter­est à enreg­istr­er des dessins inspi­rants en vous dis­ant «j’aimerais telle­ment faire ça», il ne le compte pas comme un sig­nal d’in­térêt. Ce qu’il compte, ce sont les gestes. Si vous ne dessinez pas, il en déduit que ce n’est pas impor­tant pour vous, et il ne vous don­nera jamais ce petit feu qui pousse à s’y met­tre. Donc : dessinez, même mal, même cinq min­utes. Les actions comptent énor­mé­ment.

Le lien entre la méthode du cerveau droit et la méthode des 7 visions

Pack de la formation Dessin d'Observation : les 7 visions étape par étape

Quand on creuse ce que Bet­ty Edwards appelle les fonc­tions du cerveau droit et qu’on com­pare à ma méth­ode des 7 visions, c’est le même chemin dit autrement. Bet­ty Edwards pro­pose un grand bas­cule­ment glob­al («activ­er le cerveau droit»). Moi, je le décom­pose en sept visions dis­tinctes, qu’on tra­vaille une par une, du plus acces­si­ble au plus sub­til :

  1. la vision des con­tours,
  2. la vision des pro­por­tions,
  3. la vision du vol­ume,
  4. la vision de la per­spec­tive,
  5. la vision de l’om­brage,
  6. la vision de la couleur,
  7. l’ini­ti­a­tion au dessin d’imag­i­na­tion.

L’in­térêt de découper en visions, c’est que vous savez quel «mus­cle» vous tra­vaillez à un moment don­né. Vous pro­gressez vision par vision et vous évitez la frus­tra­tion du «je ne sais pas pourquoi ça ne marche pas». Le livre de Bet­ty Edwards reste un excel­lent point d’en­trée pour com­pren­dre la philoso­phie du regard.

Mais si vous voulez un chem­ine­ment plus struc­turé, étape par étape, c’est exacte­ment ce que je pro­pose dans ma for­ma­tion Dessin d’Ob­ser­va­tion, qui décom­pose ces sept visions en niveaux pro­gres­sifs avec des exer­ci­ces guidés et des cor­rec­tions per­son­nal­isées.

Surmonter la peur de dessiner en public et découvrir votre potentiel créatif

Gaëlle me dis­ait : «J’aimerais bien sor­tir mon car­net et faire un petit cro­quis, mais je n’ose pas.» C’est un blocage très courant chez les adultes. La peur du regard, du juge­ment, du «qu’est-ce qu’elle est en train de faire ?».

Sachez ça : les gens qui ne dessi­nent jamais et qui regar­dent quelqu’un dessin­er trou­vent ça mag­ique. Pas ridicule, mag­ique. Parce qu’ils ne com­pren­nent pas com­ment, à par­tir de quelques traits qui ne ressem­blent à rien, une image émerge. Vous croyez qu’on vous juge, en réal­ité on vous admire. Sor­tir son car­net en pub­lic, c’est un acte de courage qui paie tout de suite, rien que parce que ça décolle un énorme blocage interne.

Si la peur du juge­ment est ce qui vous bloque le plus, j’ai écrit un arti­cle com­plet à ce sujet : sur­mon­ter la peur de dessin­er : mes con­seils pour débu­tants. Vous y trou­verez des tech­niques con­crètes pour pass­er à l’ac­tion, même si la petite voix con­tin­ue de par­ler.

En résumé : dessiner avec son cerveau droit, c’est apprendre à voir avant tout

Que vous l’ap­peliez «cerveau droit» avec Bet­ty Edwards ou «méth­ode des 7 visions» avec moi, le mes­sage est le même : pour appren­dre à dessin­er, vous devez d’abord appren­dre à observ­er ce qui est, pas ce que vous croyez voir. Le tal­ent n’est pas un truc inné. C’est un ensem­ble de visions qui s’en­traî­nent, à con­di­tion d’i­den­ti­fi­er vos blocages, de choisir les bons médi­ums, et de pass­er à l’ac­tion chaque jour, même cinq min­utes.

🎁 Atelier gratuit : apprenez à dessiner en 1 heure avec la méthode des 7 visions

Quel que soit votre âge, votre passé artis­tique, ou la petite voix qui vous dit que vous n’êtes pas doué, vous pou­vez appren­dre à dessin­er avec la bonne méth­ode. Je vous offre un ate­lier gra­tu­it d’1 heure pour vrai­ment débu­tant où on des­sine un œil ensem­ble, étape par étape : rejoin­dre l’ate­lier de dessin pour vrai­ment débu­tant.

Cet arti­cle est tiré d’un épisode de mon pod­cast, où je reçois Gaëlle, design­er tex­tile de 48 ans, pour un coach­ing en direct. Pour enten­dre l’échange com­plet, écoutez l’épisode juste au-dessus ou sur Spo­ti­fy et Apple Pod­casts.

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