Comprendre l’artblock
L’artblock est bien plus courant qu’on ne le croit, et il n’épargne personne. Que vous soyez amateur ou professionnel de l’illustration, ce blocage artistique peut surgir sans prévenir. Il ne s’agit pas simplement d’un manque d’envie de dessiner, mais d’un véritable frein intérieur, émotionnel, mental, voire physique.
Il peut avoir plusieurs causes, et j’en ai moi-même vécu 2 en 20 ans de pratique.
L’artblock : une panne d’inspiration ou un signal d’alarme ?
Le plus souvent, il n’arrive pas par hasard. Il reflète un besoin de pause, un trop-plein d’émotions, ou encore une pression que vous vous imposez sans même vous en rendre compte. Il peut être causé par :
- un besoin de perfection irréaliste ;
- une comparaison constante
- un épuisement lié à un rythme de création soutenu ;
- ou simplement un moral en baisse.
Votre pratique créative mérite d’être respectée, tout comme votre bien-être. Dans cet état, vouloir absolument forcer les choses peut être contre-productif. Il est alors nécessaire de s’interroger sur ce que ces émotions tentent de vous dire.
Le poids du regard des autres
Dans le monde connecté d’aujourd’hui, la peur de ne pas plaire, de ne pas être “assez bien” ou de ne pas avoir quelque chose d’assez “postable” sur les réseaux sociaux, peut rapidement vous étouffer. Sur Insta, par exemple, l’œil critique se nourrit du succès des autres, et l’on en oublie parfois ce qui nous pousse réellement à produire et à le partager au monde.
On en parlait d’ailleurs avec Pharroks, élève de la formation sur le dessin d’observation.
L’illusion de la perfection constante
Vous n’êtes pas censé produire une œuvre à chaque coup de pinceau ! L’art est aussi fait d’expérimentations, d’échecs, de brouillons. Votre compte insta (à mon sens) ne devrait pas être un musée. C’est un lieu vivant où l’on tente, où l’on rate, où l’on apprend. Accepter l’imperfection, c’est déjà commencer à se défaire de cette pression que l’on simpose.
Quels sont les symptômes d’un blocage artistique ?
Ces symptômes ne se manifestent pas toujours de manière spectaculaire. Parfois, il s’installe en douceur, presque en silence. Vous vous surprenez à dessiner moins ou à repousser sans cesse ce moment où vous auriez aimé créer quelque chose. Ce n’est pas un manque de talent, ni un désintérêt soudain pour l’art : c’est bien souvent le signe que l’art block est en train d’arriver.
Vous n’arrivez plus à créer malgré l’envie
Vous avez peut-être encore la flamme, cette envie brûlante de dessiner, mais votre main ne suit plus. Le crayon reste immobile, chaque tentative vous semble fade ou inutile. Vous jetez vos brouillons, vous soupirez devant la feuille blanche. C’est comme si une barrière invisible vous empêchait d’avancer.
Ce sentiment d’échec permanent vous pousse à comparer vos créations à celles des autres artistes, ce qui nourrit encore davantage le mal-être. Vous avez l’impression que tout ce que vous faites est médiocre, que cela ne va plaire à personne – pas même à vous-même. Bref, vous ressentez une forme de lassitude
Ce doute constant est souvent lié à ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur. Je vous explique comment le reconnaître et s’en libérer dans cet article.
Vous vous comparez constamment
On a toujours tendance à se comparer à meilleur que soit… et on ne se compare jamais à ceux moins bon que soit. Alors certes, cela nous pousse à nous améliorer, mais ne pensez-vous pas que c’est toxique sur le long terme ?
Si vous avez tendance à vous comparer, je ne peux que vous conseiller ce podcast sur le sujet.
Faut-il s’obliger à dessiner ou faire une pause ?
Lorsque l’on traverse un artblock, une question revient sans cesse : faut-il forcer la création ou au contraire prendre du recul ? Chaque artiste vit cette période différemment, et il n’existe pas de remède universel. Cependant, deux grandes approches s’opposent : s’engager malgré tout dans l’art, ou accepter de se reposer temporairement pour mieux revenir.
Faire une pause n’est pas un échec. C’est souvent une démarche profondément saine et nécessaire. Votre créativité n’est pas une ressource illimité. Il est donc bénéfique, parfois, de vous autoriser à décompresser sans culpabilité.
Si vous vous sentez vidé, je vous invite à lire cet article sur la perte de motivation en dessin, qui vous aidera à mettre des mots sur ce que vous ressentez.
Se balader, consommer de l’art, s’inspirer autrement
Partez marcher, regardez des films, écoutez de la musique, lisez… Toutes ces activités nourrissent votre imaginaire. Le fait de consommer de l’art sans objectif de production est à mon sens ce qui peut relancer la machine.

Continuer malgré tout : une fausse bonne idée ?
À l’inverse, certains artistes trouvent du réconfort à continuer à dessiner, même lorsque la motivation semble absente. Cela peut parfois fonctionner – mais attention à ne pas forcer au point de vous écoeurer de votre hobby.
Dessiner mécaniquement : risque ou routine utile ?
Si vous choisissez cette voie, mieux vaut adopter une approche douce. Par exemple, dessiner sans lever le crayon, gribouiller sur un coin de feuille, ou juste jouer avec les couleurs de votre palette sans chercher à plaire à quiconque. Cette méthode peut réactiver en vous une petite étincelle de créativité, sans pression de résultat, ni jugement extérieur.
Si cette idée vous parle, je vous conseille mon article sur le fait de dessiner tous les jours sans pression.
Comment éviter la comparaison ?
La comparaison est l’un des facteurs majeurs du blocage artistique. Sur Instagram, dans les expositions ou simplement en ligne, vous tombez sur des œuvres incroyables et vous vous sentez petit à côté. Vous perdez confiance, pensez ne jamais pouvoir atteindre ce niveau, et vous finissez par ne plus dessiner du tout.
J’ai écrit un article complet sur comment la comparaison peut saboter notre créativité, avec des clés concrètes pour s’en détacher.
Se détacher du besoin de plaire
Vous n’avez pas besoin de plaire à tout le monde. L’art n’a pas pour but unique d’être apprécié ou validé par autrui. Ce que vous créez n’a pas besoin d’être parfait. Il a besoin d’exister, simplement. Apprenez à créer pour vous, pour vous apprécier vous-même.
Dessiner sans objectif : une méthode libératrice ?
Revenons à l’essence : dessiner pour le simple plaisir de dessiner. Sans attente de résultat, sans enjeu esthétique. Juste une ligne, une forme, un geste libre. Cela peut sembler inutile, mais cette liberté est parfois le remède le plus efficace à l’artblock.
Se reconnecter à l’envie simple de créer
Prenez une feuille, un crayon, et laissez votre main bouger sans réfléchir. Pas de plan, pas de référence. Redonnez à votre créativité le droit d’exister sans aucune pression. Ce retour à l’instant présent peut aider à faire tomber les barrières mentales.
Gribouiller, c’est déjà créer quelque chose
Ne sous-estimez jamais l’impact de quelques gribouillis. Ils sont les signes d’une création qui tente de renaître. Ils n’ont peut-être rien de “beau” selon les standards, mais ils sont vivants, sincères. Et cela compte.
Supprimer la pression du résultat
Dites-vous que tout ce que vous créez n’a pas besoin d’être publié. Vous n’êtes pas obligé de poster chaque croquis sur les réseaux sociaux. Oubliez le regard des autres, et retrouvez le vôtre.
Explorer d’autres formes d’art pour relancer la créativité
Et si votre artblock venait d’une routine trop répétitive ? Parfois, changer de support ou de technique suffit à faire jaillir une nouvelle inspiration.
Peinture, collage, écriture : tester de nouvelles choses
Vous n’arrivez pas à dessiner ? Essayez de peindre, de découper, de modeler, d’écrire. Il n’est pas question de devenir expert dans tout, mais de réactiver votre inspiration en bougeant vos repères. Changez de matos ou choisissez un autre domaine. Bref, explorez !
Vous pouvez aussi tester des exercices simples comme dans cet article sur le digital painting sans inspiration.
Une fois l’artblock passé, la vraie question devient : comment faire pour que cette énergie créative ne retombe pas au bout de quelques semaines ? J’ai fini par comprendre qu’un cycle en trois temps, vider l’esprit du négatif, le nourrir de bonnes influences, puis agir tout de suite sans attendre la perfection, change tout sur la durée.
Et si ça ne passe toujours pas ? Que faire ?
Il arrive que malgré tout, ce sentiment persiste. Dans ce cas, il faut envisager des solutions plus profondes.
Parler, consulter, se faire aider
Vous avez peut-être besoin d’en parler à d’autres artistes, à un thérapeute, ou simplement à quelqu’un qui vous comprend. Se sentir soutenu peut venir en aide plus que vous ne l’imaginez.
Accepter le vide comme étape créative
Rien ne pousse dans un sol saturé. Le vide, parfois, est fertile. Ce blocage est peut-être une transition vers un nouveau style, une nouvelle approche. Venir à bout de cet état, c’est aussi accepter de le traverser, calmement, sans s’acharner.


