Apprendre les « bases » du dessin ?

Note : Cet article est en lien direct avec le podcast de la semaine qui traite de « Comment apprendre le dessin ? La méthode« . Si vous ne l’avez pas encore écouté, je vous recommande donc grandement de le faire. Vous pouvez même dessiner en l’écoutant, il est fait pour ça 🙂

Je suis sure que ça a du déjà vous arriver. Vous avez une image en tête : un immense décor de plaine avec toute une foule de personnage… quelque chose en plongée peut-être… dans les tons chauds.

Vous ouvrez Photoshop et là : c’est le drame. Le concept art qui était si détaillé dans votre tête n’a rien avoir avec ce que vous avez peint. Tous les détails que vous aviez imaginés sont là, mais c’est comme s’ils avaient été dessinés par votre petit cousin de 8 ans.

À quoi est-ce dû selon vous ? Vous ne maîtrisez pas les ce qu’on appelle « les bases en Dessin« .

Si vous n’avez aucun problème pour « créer des images mentales », mais que vous n’arrivez pas à les coucher sur papier, j’ai une bonne nouvelle : vous ne manquez pas d’imagination. Il vous manque simplement ce que j’appelle les « bases » en dessin.
Cela peut vous sembler bête si vous vous retrouvez dans cette description, mais tout le monde n’a pas une imagination débordante. Il arrive que certaines personnes ne « sachent pas quoi dessiner »
Vous avez donc un avantage de taille !

Reste plus qu’à définir ce que sont les « bases ».

Les bases

Ce que je décrie par « les bases » pourrait être défini ainsi : toutes les règles ou codes permettant de représenter la réalité.

À noter qu’ainsi « les bases » peuvent différer en fonction de l’endroit où on l’apprend ou de la période à laquelle on les apprend changeant ainsi le « style » de dessin.

Un exemple pour mieux comprendre : le concept de la Perspective n’a été découvert par Filippo Brunelleschi qu’après 1425. Ainsi la plupart des tableaux peints avant cette période se voient pourvues d’une perspective complètement fausse. Etait ce moins bien dessiné ? Non. Simplement, le style de dessin est différent.

 

Il en va de même à notre époque. Il existe différents styles de dessin. On pourrait même dire qu’il existe autant de styles que de personne qui dessinent, mais bon, revenons à notre sujet.

Maintenant que nous avons définis ce que sont « les bases », de quoi sont-t’elles définis ?

Voici une liste non-exhaustive :
– Les valeurs
– La lumière
– La couleur
– Les matières
– La composition
– La perspective
– Le cadrage
– L’anatomie

Ouep… ça fait quand même pas mal de choses à maîtriser. Mais pas de panique beaucoup de ces « domaines » sont liés entre-eux. Ainsi, si vous comprenez la lumière, vous comprendrez les matières. Il en va de même pour le cadrage et la perspective.

Une autre bonne nouvelle : vous n’êtes pas obligé de tout maîtriser à la perfection. En fonction de votre style de dessin, vous pourriez même ne pas utiliser certains domaines. N’oubliez pas qu’il n’y a pas que l’hyperréalisme dans la vie 😉 !

Détaillons un peu plus ces domaines afin d’en comprendre leur intérêt.

Les Valeurs :

Par valeur, j’entends toutes les nuances de gris d’un dessin. Ce domaine est lié au domaine sur la lumière (ci-dessous) et est indispensable pour représenter les volumes. D’une armure ou d’un paysage par exemple. Comment faire comprendre qu’il y a une bosse ici et un creux là ? C’est grâce au travail de valeurs.
Article sur le sujet :Introduction aux Valeurs en Dessin

La lumière :

si vous faites un peu de photographie, vous savez sûrement que la lumière est l’élément le plus important pour prendre une photo. En dessin, c’est pareil. La lumière influence les volumes de tout ce qui nous entoure. Et sans sa présence nous n’aurions affaire qu’à un simple aplat noir. Comprendre donc son comportement et son utilité pour donner du sens à nos images est donc indispensable !
Article sur le sujet :Introduction aux Valeurs en Dessin

Ici, le flou d’arrière-plan contribue à l’atmosphère intimiste et détache les 2 personnages du fond.

La couleur :

Pas besoin de vous expliquer ce qu’est la couleur. Simplement dites-vous que la couleur est étroitement liée aux valeurs et à la lumière. C’est pourquoi je vous recommande d’abord d’apprendre a maîtriser vos valeurs et votre lumière avant de commencer la couleur. La couleur, elle aussi peut-être codifiée pour faire passer certains types d’émotions : par exemple, le rouge est utilisé pour représenter le danger, mais aussi l’amour ! Vous comprenez maintenant pourquoi la plupart des femmes « fatales » sont représentées en robe rouge ? C’est un code.

Connaître ces codes est indispensable pour qu’on interprète correctement vos images. Mais aucune crainte. Ces codes sont tellement ancrés dans notre inconscient qu’il y a fort à parier que vous les connaissez déjà.
Enfin, la couleur possède plusieurs théories intéressantes à utiliser en dessin.

Bref. La couleur est un gros morceau à apprendre si vous partez de 0. Je déconseille donc de commencer par peindre en couleur si vous êtes débutant en dessin !
Articles sur le sujet :7 Choses à connaître pour mieux comprendre la couleur | Un bon exercice pour travailler ses couleurs | 4 Applications pour améliorer sa perception des couleurs

Les matières :

Les matières, c’est un peu le mélange du comportement de la lumière avec la couleur. En somme, si vous avez quelques connaissances sur le sujet, les matières sont un domaine plutôt facile à maîtriser. Tout du moins en théorie. Ici la pratique est plus qu’importante pour maîtriser les différentes matières.

La composition :

Tiens, encore un sujet que nous avons en commun avec la photographie. L’art de composer votre dessin revient à savoir où placer les éléments qui composent votre image. Format vertical ou horizontal ? Mon personnage devrait être placé à droite ou au centre ? Tous ces questionnements reviennent à trouver une composition qui appuiera le propos de votre image, car en changeant une composition, on peut complètement en changer le sens !  C’est donc un outil très puissant.

Composition d’un plan du trailer de NightCall

La perspective :

Telle qu’on l’entend, la perspective permet de représenter des objets en 3D. Quand on pense perspective, c’est souvent décor qu’on imagine. C’est vrai, mais la perspective est aussi utilisé dans de la représentation de personnages. Quand un doigt est levé et pointé vers le spectateur, on utilise les principes de perspective pour représenter ce bras en 3D. Souvent haïe par l’apprentie dessinateur, la théorie de la perspective n’est pas si compliquée à maîtriser. C’est plus en pratique que ça se gâte… et pour le coup on a pas tous le sens des « volumes ». Si vous avez des difficultés, il vous faudra donc pratiquer plus que les autres. Mais l’effort en vaut la chandelle (est-ce que cette phrase est au moins française ?). Maîtriser la perspective vous fera faire un bon en avant dans l’apprentissage du dessin, alors ne la boudez pas.

Croquis datant de 2006. La perspective de la table étant complètement fausse !

Le cadrage :

J’aime définir le cadrage comme la position de la personne qui regarde la scène que vous dessinez. Ou la caméra. Êtes-vous en plonge, contre-plongée ? Et qu’est-ce que cela influe sur votre image sont des questions que l’on se pose quand on travaille son cadrage. Le cadrage est aussi étroitement lié à la composition ! Dès que vous aurez un peu plus d’expérience dans ce domaine, vous verrez qu’il existe d’autres notions complémentaire à simplement le placement de votre caméra 😉

L’anatomie :

Aaahh la grosse bête noire de qui veut dessiner des personnages. Si vous avez des problèmes avec les proportions d’un personnage humain, d’un animal ou d’une bête fantastique, c’est sûrement un problème d’anatomie ! Connaître son anatomie revient à comprendre comment fonctionne les muscles, le squelette, les articulations humaines (et animale). Elle est indispensable si vous voulez représenter un être vivant… qu’il soit fantastique ou non !
Articles sur le sujet :5 étapes pour apprendre l’Anatomie Artistique | Apprendre l’anatomie grâce à un écorché + review de l’écorché 3DTotal

Comme vous pouvez le constater, il existe beaucoup de domaines (et de sous-domaines que j’ai à peine développé) qui interagissent les uns avec les autres. Je vous déconseille donc de bouder un domaine sous prétexte que vous considérez que vous « n’en avez pas besoin ». Croyez-moi, vous risquez de vous sentir limité à un moment donné.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas obligé de tout maîtriser à la perfection ! Et étant donné que ces domaines sont « connectés entre eux », en travailler un vous fera en travailler un autre !

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